Découverte du Makay Sud

Le Monde perdu

Lire les notes du voyage de reco et regarder le portfolio du voyage à Madagascar.

Nous marchons le long de la falaise de grès depuis environ 1h lorsque nous atteignons le petit promontoire qui nous bouche la vue sur le reste du massif tabulaire.
Nos camarades de reco sont un peu plus bas dans la pente, ils ont préféré passer en aval en suivant le lit d’une rivière asséchée. A l’endroit où nous sommes nous distinguons un passage dans la pente, moins raide, par lequel nous pensons atteindre le sommet.

Découverte du Makay Sud

L’objectif de cette première journée de reconnaissance de la partie sud du Massif du Makay est simple : Monter sur le plateau puis à son sommet pour observer et valider ce que nous avons pu voir sur les cartes et clichés satellites.

Je regarde Tolo qui a la même sentiment que moi,
“T’en penses quoi, ça passe non?”
“Ba on monte et on verra…”
La pente est raide et nous sommes à la limite de la rupture d’accroche sur ce grès très friable. Nous touchons enfin la partie boisée sans laquelle nous ne serions sans doute pas passés, et l’aide des branches nous permet de déboucher sur le rebord de la crête… nous y sommes. Le sommet n’est alors plus qu’a quelques dizaines de mètres.

Je suis pris de l’excitation d’une première, imaginant que nous sommes les seuls être passés par ici. Il y a bien eu quelques voleurs de zébus, les Dahalo qui viennent se cacher dans les dédales de canyons des environs mais encore, le Makay est une des régions les plus sauvages de Madagascar que même les pisteurs du coin évitent de tutoyer.


Bevahin notre pisteur dans le Makay repère le passage pour redescendre de la crête. Plus de photos

Nous retournons sur le rebord du plateau pour tenter de voir où se trouvent nos acolytes, puis lançons quelques “ça passe, montez” sans insistance : de toute manière nous nous étions donné rendez-vous au bivouac en fin de journée.

Seuls au Monde, nous progressons vers le sud sur cette crête vaincue qui se resserre pour former une lame de grès d’où nous dominons, au loin à l’horizon la rivière Mangoky, et sur l’ouest les vallées inconnues du Makay.

Lire les notes du voyage de reco.

Le Makay

Le Makay est encore assez peu connu. Situé dans le centre de Madagascar, au nord de l’Isalo, le makay est un massif de grès d’environ 150km de long sur 50km de large. Il est difficilement accessible, la route la plus évidente vous y emmènera en une journée de 4×4 à partir de Ranohira sur la nationale 7 sans compter le passage de la rivière Mangoky.


Madagascar, aux portes du Makay. Le bac de la Mangoky, la nuit est tombée, notre véhicule éclaire la rive pour aider le passeur. Plus de photos

Son isolement est réel du fait de la présence de cette large rivière qui barre son entrée, mais aussi parce qu’il se situe à la frontière entre les régions bara et sakalava. Ainsi par exemple, lors de précédentes reconnaissance de l‘équipe Malagasy sur la partie ouest du massif, le pisteur ne voulait pas aller plus en avant car il craignait de rencontrer ses voisins, peu enclins à l’accepter chez eux. Le relief particulièrement chaotique limite aussi nettement les déplacements comme nous avons eu le plaisir de le voir lors de notre reconnaissance.


Panorama du Makay. Plus de photos

Le Makai offre aussi une richesse biologique exceptionnelle d’autant plus que les populations locales se risquent rarement dans les gorges de grès et sur les crêtes escarpées. La région a fait l’objet d’une attention particulière des médias récemment, avec la diffusion du film “Makay, les aventuriers du monde perdu” sur Canal+ fin 2011, où une équipe de scientifiques, entomologistes, botanistes et paléontologues découvre pour une des premières fois ce paradis perdu. Le Makay est ainsi depuis quelques mois une destination soumise à la curiosité des voyageurs aguerris et à la recherche de lieux uniques et encore rares.

Le Makay est aujourd’hui accessible pour les voyageurs aguerris à travers quelques circuits d’agences d’aventure. Il s’agit en fait de la petite zone où eu lieu cette première expédition de scientifiques. Ceci dit, la région est très vastes (des centaines de km2) et le cache très certainement encore une grande partie de ses trésors géologiques.

La reconnaissance que nous avons réalisée fait partie des quelques voyages nécessaires pour évaluer la possibilité de nouveaux circuits. Rien n’est garanti car même si le massif est incroyable, le terrain est sauvage et requiert un réel engagement. il faut aussi préparer les populations locales à la logistique nécessaire à l’accueil de voyageurs (portage et nourriture en particulier).

Nous vous tiendrons informés de l’avancée du projet mené par Malagasy Tours, mais il est fort probable que les voyageurs pourront se rendre dans le Makay sud dans un futur proche. En attendant, nous vous conseillons de lire les notes de voyages prises à l’occasion de cette reconnaissance, “4 jours dans le Makai“.