Majorque, la grande

Entre deux courses de trail, je partais mi mai pour quelques jours aux Baléares. J’en avais l’image de quelques îles excentrées de méditerranée, un peu au milieu de nulle part entre la Corse et la Catalogne. Majorque, la plus grande comme son toponyme l’indique, puis quelques jours plus tard la petite Minorque.

Majorque, la grande

Dans mon esprit, les Îles Baléares sont synonymes de stations balnéaires, de gros hôtels et de boites de nuit.

<troll-on> A Ibiza on ne trouve que des gens inintéressants au possible et en dehors d’Ibiza il n’y a sans doute pas tant à faire. Par ailleurs, le tourisme y fût et y est encore tel qu’après quelques générations de vacanciers à se succéder dans les établissements prévus pour leur plaisir béat, certains y sont revenus au point que près de 7% des résidents permanents de l‘île sont germaniques. Je m’amusais de façon condescendante à penser l’endroit comme rempli de gens sans intérêt et d’Allemands en tongs à chaussettes. </troll-on>

En redescendant sur la petite ville de Sóller depuis la Serra de Tramuntana.

L’image de marque d’une destination est difficile à changer. Les Baléares, c’est Ibiza, point. Enfin… presque. Comme à chaque fois (ça m’a fait la même chose il y a quelques années avec les Îles Canaries et Tenerife) la réalité est bien différente. Le contraste est même d’autant plus fort qu’on se fait une idée préconçue. J’arrivais donc aux Baléares pour la première fois au mois de mai, sur Majorque la grande.

Et Majorque alors?

Majorque la grande

A Majorque il y a la Ciutat. Palma est une capitale de plus de 400.000 habitants et si le temps est compté on se concentrera sur le petit centre ville… qui en impose. La cathédrale sur le front de mer derrière une lagune artificielle qui valorise l’ensemble, la Llotja de Palma (la bourse) un chef d’œuvre de l’architecture gothique qui impressionne même le touriste inculte, les vieilles maisons bourgeoises et leur patio impressionnant.

Assez vite je m‘échappe dans les terres car j’aime peu les villes.

Juste avant d’atterrir à Majorque, lors de la phase d’approche où l’avion rase les champs, on ne peut pas ne pas voir le nombre impressionnant de moulins à vents. Ils témoignent de l’importante activité agricole de l‘époque, des milliers de moulins qui tiraient l’eau de la nappe phréatique (sans que je sache si la nappe est aujourd’hui vidée, le développement durable concept moderne).

L‘époque? Je n’ai pas le souvenir d’avoir visité une région où l’histoire fût si tumultueuse. Évidemment les guerres ont toujours été monnaie courante, beaucoup de pays ont connu moult tumultes, mais ici les traces laissées par les nombreux envahisseurs semblent encore être dans la mémoire locale, ou au moins dans certains villages qui ont conservé le nom donné par les arabes qui régnaient en maître au Moyen Age. Ainsi, les Maures apportèrent richesse et prospérité à l‘île entre le 10ème et le début du 13ème siècle dans une Europe en retard… avant de se faire déloger par les chrétiens. C‘était l‘époque des croisades. Palma fût ainsi reconquise et pour fêter l‘événement l’ensemble de la population fût passé au fil de l‘épée. L‘île est ensuite repeuplée, progressivement et les infrastructures récupérées en héritage.

Faire de la randonnée à Majorque

Je suis resté assez peu de temps sur l‘île (j’allais aussi visiter Minorque) mais j’ai eu le temps de faire deux belles randonnées, la première à l’est dans le Parque Natural de la Península del Llevant, la seconde dans la Serra de Tramuntana.

Le Parque Natural de la Península del Llevant qui englobe en fait quasiment toute la péninsule de Artà dans l’est de l‘île offre l’intérêt de proposer l’un des plus beaux points de vue de Majorque sur toute la partie nord de l‘île et la large baie d’Alcudia. Les randonnées qu’on peut y faire ne dépasseront pas deux ou trois heures, mais celui ou celle qui voudra tester son vertige ou sa capacité à progresser en crête sur les rochers y trouvera aussi un joli terrain de jeu.

Vue sur la baie d’Alcudia pendant notre randonnée de quelques heures.

Vue plongeante sur l’eau turquoise depuis la crête tout près du village de Betlem.

En remontant le muret qui trace la crête de la péninsule de Artà.

La montagne à Majorque c’est la Serra de Tramuntana. Le nom est le même que celui du vent qui traverse la Catalogne française au dessus de Perpignan. Sans obstacle il passe la méditerranée et vient taper contre la chaine de montagne qui borde la côte nord-est de Majorque. La Serra de Tramuntana est sillonnée par le GR221, la Ruta de pedra en sec, sur une distance d’environ 100km permettant de relier Estellencs au sud, au Port de Pollença dans le nord. J’ai eu le plaisir de marcher une journée sur la partie centrale de ce sentier depuis l’Embassament de Cúber (Le barrage) un des deux lacs facilement accessibles en voiture, jusqu‘à la ville de Sóller.

En empruntant le GR221 qui traverse la Sera Transmontana.

Le sentier permet de monter jusqu’au Col de l’Ofre avant de redescendre le long d’une gorge assez pittoresque le Barranc de Biniaraix. On comprend alors pourquoi le GR221 est aussi appelé la Ruta de pedra en sec, le sentier est pavé sur toute la descente et ressemble à quelques autres beaux sentiers que j’ai déjà eu le plaisir de parcourir, en particulier à Santo Antao au Cap Vert ou à Madère. Les quelques sportifs pourront aussi monter au Puig de l’Ofre par une variante accessible depuis le col, je le recommande pour la vue du sommet. Sachez aussi que la Serra de Tramuntana est inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO, ce qui en en dit beaucoup sur l’intérêt de l’endroit.

Puig Major, ici en haut à gauche, est le plus point de Majorque et des Îles Baléares. Il n’est malheureusement pas accessible au public au grand désarrois des Majorquins: le sommet est occupé par une installation militaire.

Depuis le Col de l’Ofre au dessus du Baranc de Biniaraix qui part sur la droite jusqu‘à la petite ville de Sóller .

Le village enclavé de Sawyer (s‘écrit Sóller, mais je n’ai pas arrêté de penser à Tom Sawyer de Mark Twain pendant tout le voyage, générant une sorte d’incongruité géo-culturelle).

Pour plus d’information sur la randonnée à Majorque, je vous recommande cette carte intégrée qui permet de visualiser les chemins balisés et recommandés. je vous suggère aussi de lire mes deux articles sur l‘île voisine Minorque et le Cami de Cavalls, mon coup de cœur à la suite de ce premier voyage sur les Îles Baléares. Jetez aussi un oeil au site officiel illesbalears.travel.

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Photos des Baléares

Une sélection d'images crées lors d'un voyage et de randonnées sur les îles de Majorque et Minorque.