Tsaranoro, l'Andringitra et Le Pic Boby

La montagne Malgache

Je ne crois pas que Madagascar soit particulièrement intéressant sur le plan géologique. Son isolement a facilité la spéciation, le nombre d’espèces endémique le montre et c’est sans doute ce qui caractérise le mieux l‘île. L’Australie peut lui être comparée et ainsi comme sur l‘île aux kangourous il n’y a pas beaucoup de montagnes à Madagascar. Il n’y a pas de lien mais c’est la manière que j’ai trouvé pour introduire cet article.

Tsaranoro, l'Andringitra et Le Pic Boby

Un peu au sud d’Ambalavao commence l’Andringita. C’est dans le prolongement de la longue chaine de montagne qui forme les haut plateaux, mais ici le massif s’apparente un peu plus à la montagne que nous connaissons. On entre par le nord depuis Ambalavao en remontant une longue vallée en direction de Tsaranoro. Tsaranoro fait partie des quelques mythes de l’escalade, ce big wall de 400 mètres en 8 longueurs (7b, 7c, le reste en 8… vidéos ici et .)

Nous n’avançons pas très rapidement avec la 404, en partie du fait qu’on ne progresse pas si aisément au volant d’une vieille voiture sur les pistes malgaches, mais aussi parce que nous sommes constamment arrêtés par la beauté des lieux. Nous devons aussi par endroits nous y prendre à plusieurs fois pour passer, contourner les trous, négocier la pente.

En 404 pleins phares!

Nous arrivons finalement à bout et au bout de la vallée au coucher du soleil. Nous dinons au “Camp Catta”, un lieu où règne une étrange atmosphère où se côtoient une population assez hétérogène composée d’une expatriée anglaise et de son compagnon malgache, quelques retraités aventuriers mais un peu trop critiques des hôtels fréquentés depuis le début de leur voyage sur l‘île, quelques jeunes venus faire de l’escalade sur l’une des plus belles falaises au monde. Nous avions prévenu le cuisinier que ce soir était l’anniversaire de Julien mon camarade de route, et c’est avec les quelques clients et le personnel de l‘établissement que nous échangeons le gâteau d’anniversaire avec tout le plaisir d’un moment partagé. Un très bon souvenir de ce voyage, une soirée que nous terminons à danser sur quelques chants malgaches le plus simplement du monde.

Arrivée à Tsaranoro, enfin!

Il est possible de dormir dans l’un des deux ou trois établissements posés au pied de Tsaranoro (Camp Catta, Tsara Camp et Mada Camp), mais avec Julien nous avions décider de camper non loin du village après en avoir demandé l’autorisation aux habitants.

Le matin, le soleil émerge, je m’apprête à partir pour ma journée de marche.

Petite révision de la voiture avec Tanzaka (qui travaille pour l’agence Malagasy Tour et que je recommande). La 404 est une vieille dame qui demande de l’attention…

Je me lève assez tôt car la journée qui s’annonce est longue. J’ai prévu de me rendre au Pic Boby le sommet du massif de l’Andringitra à quelques kilomètres à vol d’oiseau. Il existe d’autres randonnées, comme celle du Caméléon (Laurent One Chaï en parle ici) et quelques autres non loin de Tsaranoro et plus accessibles, mais c’est la longue marche vers le sommet des lieux qui m’intéresse.
Julien qui ne souhaite pas venir avec moi a prévu de passer la journée dans le village voisin. Il produira une superbe série de portrait sur fond noir, un drap qu’il utilise comme arrière plan d’un petit studio photographique portable. Je vous laisse découvrir le résultat chez lui ici. La photo ci-dessous en est un échantillon.

Lorsque Julien prend en photo tout le village ça donne ça!

L’entrée du parc, de l’Andringitra, se trouve à trois ou quatre kilomètres plus loin dans le village de Morarano. Nous nous rendons avec Tanzaka qui nous accompagne sur cette partie du voyage. Il faut payer un droit d’entrée tout à fait acceptable (25.000ar à mettre en perspective avec les 55.000ar du Parc de Ranomafana), et louer les services d’un guide. Le guide coute 20.000 par jour (soit 6€…). J’annonce que je souhaite faire l’A/R dans la journée et que j’ai besoin d’un guide capable de suivre la cadence. Il y a selon mon estimation environ 40km et 2500m de dénivelé positif (au final on fera 46km A/R) et le circuit se fait en général en 3j. Après une rapide discussion, en particulier sur le prix, j’accepte de payer l‘équivalent de 2j de guide celui-ci pretextant que la journée serait plus physique qu’une journée habituelle. Je n’ai pas de souci avec cela, au contraire.

Je vous laisse découvrir ci-dessous la vidéo tournée pendant cette journée de Balade avec mon guide d’un jour Alexandre. Notons qu’il n’a eu aucun mal à me suivre, en tongs…

Sur le sentier nous avons rencontré assez peu de monde. Un couple qui revenait de leurs trois jours de marche avec plusieurs porteurs pour la logistique, une femme marchant avec son guide et deux porteurs. En dehors de ces deux rencontres nous étions seul.

Randonnée Trek du Pic Boby

Indication du parcours associé au profil. La trace présentée mène de l’entrée du parc dans le village de Morarano où vous devrez vous acquitter des frais. Le profil en dénivelé représente celui de l’aller/retour, le point haut correspondant au sommet du Pic Boby. L’aller/retour fait environ 46km pour 2500m de dénivelé positif.

Départ tôt le matin. Il nous faudra un peu moins de 10h pour l’aller/retour.

Nous avons vu assez peu d’animaux. Pas d’arbres, quelques broussailles.

Nous arrivons enfin au sommet. En face le pic Boby.

Posés au sommet avec Alexandre. Profiter de la vue avant de rentrer rapidement, un orage s’annonce.

Le Pic Boby se nomme en réalité “imarivolanitra”. Le nom de Boby proviendrait du nom du chien du géologue qui vint ici pour ses études.

Redescente. Nous passons par un endroit appelé “plateau des extra-terrestre”, nom inspiré par les larges blocs de granit où nous marchons. Je n’en sais pas plus…

De retour au point de départ avec une vue sur le Big Wall de Tsaranoro au loin. Le village de Morarano est en bas, dans l’axe de l’arbre, collé sur les flancs de la colline.

Pour en savoir un peu plus sur cette région, je vous conseille de lire le récit de Laurent “One Chaï” à Tsaranoro. Le site officiel du Parc National de l’Andringitra vaut ce qu’il vaut mais a le mérite d’exister.